đ€Hyak 2: l'orque qui reconnaissait sa famille sur des imagesđ
16 Février 2025
đ€Hyak 2: l'orque qui reconnaissait sa famille sur des imagesđ"Enfin le dernier ordre vient de nous ĂȘtre donnĂ©. Nous faisons alors tous les trois le tour du bassin, collĂ©s les uns aux autres, attendant notre rĂ©compense. Je jette un rapide coup dâĆil Ă travers la vitre du bassin, m'assurant qu'il est toujours lĂ . Mais oui, je l'aperçois, lui aussi m'attend.
Libre jusqu'au prochain numéro je prends une grande bouffée d'air pour descendre au fond du bassin. Et il est là , patient, attendant que j'ai finis mon travail pour me montrer à nouveau ce qu'il appelle des livres.
Parfois je ne comprends pas le sens de ses images, elles ne représentent rien de ce que je connais. Mais d'autres fois, il me montre mon océan, mon peuple. A travers ses livres qu'il colle contre la vitre, à seulement quelques centimÚtres de moi, je peux, grùce à lui, me rappeler ma famille, mon espace, ma liberté.
Et mĂȘme si parfois Bjossa voit çà d'un mauvais Ćil, peu importe, j'ai besoin de me souvenir pour survivre. Et je crois que çà ne lui dĂ©plaĂźt pas, ces images sont ma bouffĂ©e d'oxygĂšne. Il a appris Ă me signaler son arrivĂ©e Ă travers la masse des visiteurs Ă l'aide d'une image d'un des miens collĂ© sur l'Ă©trange valise qui contient ses livres. AprĂšs vingt ans Ă tourner en rond, je ne peux faire autrement que de me nager le plus vite que je peux pour le rejoindre, profitant de nos rendez vous mensuels pour retrouver mon ocĂ©an. A travers chaque image, je recherche ma famille,me demandant si dans ces livres, je verrai un jour l'un des miens...
Ma fascination pour ces livres semble toucher les Hommes et de plus en plus de jeunes personnes m'apportent des dessins Ă regarder, inversant les choses, faisant d'eux le public et moi celui qui regarde.
Ce qu'ils ne savent pas, eux tellement heureux de m'apporter leurs dessins, c'est ce que moi je peux y voir. Ils ne voient pas derriÚre mon regard, que ma mÚre est morte à mes cotés quelques mois aprÚs notre capture. Ils ne savent pas que je suis le seul survivant des 7 orques capturées avec moi en avril 1968. Ils ne savent pas non plus que je vais mourir dans quelques semaines, mes poumons ne pouvant plus supporter cette eau chlorée, mais çà je ne le sais pas non plus. Je ne sais pas non plus que pour se débarrasser de moi aprÚs m'avoir pris à l'océan, ils rejetteront mon corps dedans qui ne voudra plus y rester et s'échouera sur le rivage Il faudra bien faire alors faire disparaßtre Hyak, l'orque qui aimait les livres... Je serai donc découpé en morceaux et rejeté à la mer."
Par Hyak 2.
đžInherently Wild
đ Retrouvez les histoires de toutes les orques captives dans un recueil dont la sortie se rapprocheđ„° "Plume d'Orques"
